Marie II




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source: Pierre-Adrien Fourny



  • Nationalité: Française
  • Type: Chalutier
  • Position: 51.08.967 N / 2.33.767 E
  • Profondeur max: 18 m
  • Taille: 37.40m
  • Coulé le: 20 février 1915



  • Histoire - Circonstances:
  • Dès la fin décembre de 1914, les allemands commencèrent à employer pour le mouillage des mines devant les ports de la mer du Nord, une série de sous-marins spécialement construits dans ce but. Plusieurs mines furent ainsi découvertes dès décembre par un torpilleur en rade de Nieuport (B). Soixante chalutiers furent réquisitionnés dans les ports du détroit pour constituer une flottille de patrouilleurs et de dragueurs. Le 19 janvier 1915, un 1er torpilleur heurte une mine devant Nieuport et coule rapidement. Les dragages poursuivis amenèrent la découverte de vingt-trois mines.

    ----- « ……Un mois après, le 20 février, nouvelle perte d’un dragueur. Le chalutier « Marie » du front de mer de Dunkerque touche une mine. Atteint à l’arrière, le bâtiment se dresse verticalement et glisse sous l’eau, en moins d’une minute, dans un immense nuage de vapeur d’eau provenant de l’explosion des chaudières. Deux torpilleurs qui se trouvaient à proximité recueillirent douze survivants dont neuf blessés (l’enseigne de vaisseau Littaye qui commandait la « Marie » fut repêché avec une jambe brisée). Le sauvetage dura vingt minutes sous le feu des batteries allemandes tirant à une distance de 12000 mètres. …. ».


    - Récit du naufrage, extrait d'une lettre d'Henri Littaye adressée à son épouse Madeleine:
    ---- Au commencement de février, j’ai été appelé au commandement des 4 dragueurs de mines de Dunkerque. J’avais 68 hommes sous mes ordres de braves matelots bretons ne craignant pas la mort et heureux de se donner pour la Patrie. Je fis à bord de tous bien des petites modifications, notamment dans les moyens de sécurité.
    ---- Tout marcha bien, nous allions chaque jour à l’heure de la pleine mer draguer les mines allemandes devant Nieuport et il fallait y aller que quand le temps était bouché car les allemands de Westende nous tiraient dessus, les Taubes venaient nous rendre visite et il y avait le grand danger des mines qu’on détachait du fond. Un autre ennemi qui dans l’occurrence était un ami est venu s’ajouter aux autres. Ce sont les mines anglaises mal ancrées entre les bancs qui partaient en dérive. Je n’avais peur que de cet ennemi. Le 20 à 3heures de l’après-midi, le « Marie » en rencontra une qui était immergée et en 45 secondes le navire sauta et coula. Nous étions trois dans la chambre de veille sur ces trois j’ai été le seul à être sauvé. Je peux dire miracle sur toute la ligne miracle d’avoir pu être repêché miracle de guérir et miracle de ne pas être resté infirme. Ma tête pour laquelle on craignait est sauvée il reste ma pauvre jambe droite qu’on ne peut encore mettre dans le plâtre pour réduire la fracture.
    ---- C’est grâce aux matelots d’un torpilleur que j’ai été sauvé. Quand après mille efforts avec mon gros pardessus je suis arrivé à la surface après avoir sauté en l’air et coulé j’ai trouvé deux poteaux de mines à fleur d’eau (c’est moi qui en avais fait mettre sur mes 4 vapeurs) j’en mis un sous chaque bras et ma tête tomba sur l’un d’eux. Le canot du torpilleur relevait un matelot qui leur dit laissez moi allez vite chercher l’officier qui va couler (comme c’est beau). Et alors, je repris connaissance dans le canot et vis trois obus tomber à 4 mètres du canot. J’ai repris connaissance sur le torpilleur et alors que je demandais si tout le monde avait été sauvé, un matelot qui assis sur le pont me tenait la tête sur ses genoux me dit « oui, mon petit gars, tout le monde est sauvé il ne faut pas vous faire de bile, ce ne sera rien ». Je me voyais si bien m’en aller dans l’autre monde.
    ---- Une fois dans l’eau que j’avalais tant d’eau et que je n’arrivais pas à dégager la jambe je me disais que vont dire ma pauvre Mad et les gosses quand ils vont savoir que je suis noyé.




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    source: Pierre-Adrien Fourny


  • Historique:
  • Construit par Cook, Welton & Gemmell Ltd à Hull (GB).
    Numéro de coque: 306.
    Lancé le 11 février 1902.
    Propriété de l'Armement François Fourny à Boulogne-sur-Mer.
    Réquisitionné à Boulogne sur mer par la Marine Nationale comme patrouilleur auxiliaire le 6 août 1914, pour participer à la lutte anti sous-marine.
    Renommé "Marie II".
    Commandé par l'Enseigne de vaisseau auxiliaire "Henri Littaye", mort à Newton, en 1917, des suites de ses blessures.

    Fin du navire: saute sur une mine au large de Nieuport (Belgique) le 20 février 1915.
    L'épave qui representait un danger pour la navigation est partiellement extraite et ferraillée par les autorités Belges en 1988.


  • Description sommaire:
    Longueur: 37,40 m.
    Déplacement: 261 tjb.
    Propulsion: Machine à vapeur CD Holmes à triple expansion.


  • Description actuelle:
  • ----- Texte extrait et traduit du livre de Dirk et Tomas TERMOTE.
    L’épave du chalutier "Marie" qui se trouvait à une profondeur de 18m maximum était intacte et ressortait bien du fond. Le plongeur Jean-Paul Samyn raconte que le "Marie" avait toujours le pont intact et que l'accès était possible par cette voie. Comme l'épave se trouvait sur la voie maritime de la route «Nord-Zuydcoote» et que l'autorité Flamande devait garantir un tirant d'eau entre l'épave et la surface, elle fut mise sur la liste des épaves à enlever. En 1988, les restes du "Marie" étaient extraits par le ba teau grue Norma de l'Association temporaire de renflouement et transportés à Zeebrugge.
    Le plongeur Piet Lagast fut le témoin oculaire de ce renflouement de l'épave du "Marie". Quand on est arrivé sur l'arrière du navire, le godet ne sembla pas avoir une bonne prise sur cette partie et la poupe retomba dans l'eau. Il n'y eu pas d'autres tentatives pour la récupérer. Avant que ce morceau ne retombe, l'épave fut identifiée clairement par le nom lisible du port d'attache "Marie-Boulogne". Après les travaux de renflouement, la poupe du navire a du être assez vite ensevelie par les bancs de sable. Ainsi des parties de l'accastillage se trouvent certainement enterrées sur ce site.


  • Sources:

  • "Fiche épave DK Plongée":
    "René Alloin":
  • fiches techniques et historiques.
  • "Pierre-Adrien Fourny"
  • photos.
  • "Mary Tiene, Françine Georges, le Général E. Littaye."
  • Photos et biographie d'Henri Littaye.
  • "Jean-Paul Bellart, François Lapère"
    "Dirk et Thomas Termote" traduction "Marie-Anne Vansteenkiste":
  • Livre Schatten en Scheepswrakken.



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